Soutenance de thèse en sociologie de : 

Selma Guessous

« Une place au soleil ? Itinéraires d'insertion socio-professionnelle de travailleurs et travailleuses migrant(e)s nord-méditerrannéen(ne)s au Maroc »

 

Thèse dirigée par Tania ANGELOFF

Soutenue le Vendredi 4 décembre 2020 à 13h30

Salle 19 - Bâtiment 1, Campus du Jardin d’agronomie tropicale de Paris - 45 bis avenue de la Belle Gabrielle, 94736 Nogent-sur-Marne Cedex

 

 

Membres du Jury

 

Mme Fatima AÏT BEN LMADANI (Rapporteuse)

Mme Tania ANGELOFF, Professeure de Sociologie, Université Paris 1 (directrice)

M. Etienne GERARD (Rapporteur)

Mme Anne-Catherine WAGNER (Présidente du Jury)

 

 

Résumé 

 

Cette thèse s’intéresse aux migrations des Nord-Méditerranéens au Maroc, dans un contexte postcolonial. Le terrain a été effectué principalement dans les villes de Casablanca et Rabat, de 2014 à 2017. En plus d’une observation participante, des entretiens individuels approfondis ont été menés avec des migrants arrivés au Maroc dans les 10 dernières années. La thèse visait à comprendre les raisons qui amènent ces Nord-Méditerranéens à migrer dans un pays « du Sud », musulman, et davantage patriarcal. Il s’agissait également de comprendre leurs schémas d’intégration dans cette société culturellement différente, à la lumière des études postcoloniales.

Dans certains cas, et particulièrement pour les Espagnols andalous œuvrant dans le secteur de la construction, il s’agissait d’une migration de survie économique. D’autres migrants ont été attirés par la possibilité d’occuper des emplois à plus haute responsabilité, étant donné, d’une part l’économie en croissance du Maroc, et d’autre part, les privilèges qui leur sont accordés en tant que Blancs. Outre les raisons économiques, le cosmopolitisme ou l’envie de découvrir une culture différente, faisait souvent partie des récits de migration. La migration était parfois une opportunité de réalisation de soi, voire d’émancipation familiale. Enfin, certains migrants, ayant une histoire familiale liée au Maroc avaient migré par fantasme de « retourner aux sources ».

Ces migrants bénéficient de préjugés positifs (honnêteté, compétence), qui se traduisent en privilèges, autant dans le domaine professionnel qu’amoureux ou dans la vie de tous les jours. Leur posture souvent ethnocentriste s’accompagne d’un discours paternaliste au sujet du Maroc et des Marocains. Toutefois, les migrants jeunes et célibataires semblaient vivre une expérience de migration plus « en profondeur », s’immergeant davantage dans la culture locale et faisant plus souvent que les couples ou les familles, une vraie rencontre interculturelle. Les femmes migrantes souffrent par exemple de harcèlement sexuel dans les rues, encore plus que les Marocaines étant donné la survalorisation des traits physiques des Occidentaux. Enfin, je me suis intéressée à la migration comme outil de rapprochement interculturel, puisque les migrants déconstruisent les préjugés qu’ils avaient acquis sur le Maroc et les Marocains, partageant leurs nouveaux acquis une fois de retour au pays d’origine.

 

 

 

Soutenance de thèse en sociologie de : 

Louise Protar

« Produire le genre, fabriquer la parenté : ethnographie du travail domestique et horticole à Kiriwina »

 

Thèse dirigée par Tania ANGELOFF

Soutenue le Mercredi 25 novembre 2020 à 9h00

Amphithéâtre du bâtiment 1, Campus du Jardin d’agronomie tropicale de Paris - 45 bis avenue de la Belle Gabrielle, 94736 Nogent-sur-Marne Cedex

 

 

Membres du Jury

 

Mme Yasmine SIBLOT, Professeure de Sociologie, Université Paris 8 (Rapporteuse)

Mme Florence WEBER, Professeure de Sociologie et d’Anthropologie, ENS-Paris (Rapporteuse)

Mme Tania ANGELOFF, Professeure de Sociologie, Université Paris 1 (directrice)

M. Niko BESNIER, Professeur d’Anthropologie culturelle, Université d’Amsterdam

Mme Delphine DULONG, Professeure en Science Politique, Université Paris 1

Mme Marie-Clémence LE PAPE, Maîtresse de Conférence en Sociologie, Université Lumière Lyon 2.

 

 

Résumé 

 

Commencée en septembre 2015, ma recherche doctorale porte sur la division du travail dans l’archipel de Kiriwina, en Papouasie-Nouvelle-Guinée, région plus connue sous le nom d’îles Trobriand. Le cœur de cette thèse consiste à réinterroger trois dimensions de la société kiriwinienne : les rapports entre hommes et femmes, les liens de parenté et la culture des jardins. Je propose de regarder ces thèmes classiques de l’anthropologie des Trobriand au prisme du travail, avec l’idée que le travail est un puissant révélateur des rapports de pouvoir.

Pour cela, j’ai mené entre 2016 et 2018 une enquête ethnographique d’une durée de 10 mois, dans un village du sud de l’île. Accueillie avec mon compagnon par une famille dont nous partagions la vie quotidienne, j’ai observé le détail de la division du travail dans cette maisonnée.

Cette recherche propose d’utiliser les outils de la sociologie du travail et du genre pour offrir un autre point de vue sur l’organisation sociale des Kiriwiniens. La première partie de la thèse décrit et explique l’enquête que j’ai menée, son contexte, ses objets et ses modalités. Une seconde partie interroge les conceptions émiques du travail : la limite entre le travail et le hors-travail et la façon dont les activités productives et reproductives sont hiérarchisées. Une troisième partie est consacrée à la division sexuée du travail et analyse l’organisation du travail au sein de la maisonnée pour éclairer les rapports de pouvoir dans la famille. Enfin, la quatrième partie consiste en un retour sur les célèbres jardins d’ignames trobriandais pour décrire le contrôle social dont le travail fait l’objet.

L’objectif de ma thèse est double : sortir Kiriwina de l’exotisme en mettant l’accent sur les rapports sociaux qui y organisent la vie quotidienne ; questionner, par ce détour océanique, nos catégories scientifiques.

 

 

 

Soutenance de thèse en sociologie politique de :

Caroline Barbary

 

« Chabab al-thawra- Les Jeunes de la Révolution : Microcosme militant et Société politique en Égypte révolutionnaire »

Sous la direction de Sarah BEN NEFISSA, politiste, directrice de recherche UMR Développement et Sociétés, IRD.


Vendredi 22 mars 2019 à 14h00

Salle Duroselle (Sorbonne- Galerie Jean-Baptiste Dumas- 14, rue Cujas 75005 Paris)

 

 

Membres du Jury

 

Mme. Mounia BENNANI CHRAIBI, Professeure à l’Université de Lausanne (Rapporteuse)

Mme. Assia BOUTALEB, Professeure à l’Université de Tours  

Mme. Frédérique FOGEL, Directrice de recherche au CNRS    

Mme. Salwa ISMAIL, Professeure à SOAS, University of London (Rapporteuse)

Mme. Anne LE NAELOU, Maître de conférences, Université Panthéon-Sorbonne Paris 1

 

 

Résumé 

 

En posant la question du lien entre les jeunes, l’action collective et la participation politique en contexte de crise politique, ce travail cherche à comprendre comment sous le label « Jeunes de la révolution »  se placent une diversité d’acteurs collectifs et individuels, à partir de la date du 25 janvier 2011 ? Et comment s’établit l’unicité de la catégorie malgré l’hétérogénéité politique et sociale des acteurs qui la composent ?

A partir d’une enquête ethnographique réalisée au Caire auprès d’acteurs organisés et non-organisés, cette thèse propose d’étudier les processus de politisation et de la construction d’une identité politique collective, au delà même du moment révolutionnaire (2011 à 2014).  Il ne s’agit donc pas de dresser le constat d’une pluralité (des acteurs, des actions, des sens subjectifs et de l’espace de l’action politique), mais d’opérer un déplacement de focale pour donner une saisie analytique visant à interpréter cette réalité sociale complexe et ainsi comprendre l’hétérogénéité profonde qui se cache tout à la fois sous les termes de « jeunes », de « faire » et de « révolution ». 

En adoptant une démarche de déconstruction, puis de reconstruction de la catégorie de l’étude,  le fil conducteur de ce travail sous-tend deux axes principaux. D’un côté, j’examine les modalités de façonnage des êtres en politique et le façonnage de l’espace de l’action politique dans des temps singulièrement hétérogènes. D’un autre côté j’adopte une démarche processuelle du militantisme pour mettre en exergue l’hétérogénéité des parcours militants et la pluralité de l’espace-temps où se déroule l’action politique.  Si cet examen permet de tracer une distinction entre un noyau structurant de la catégorie- « un microcosme militant »- bénéficiant, à un moment donné, de la représentativité politique du Jeune de la Révolution et des militants hors microcosme, ayant des politisations différentielles- « la société politique », il vise aussi à rendre compte de la réalité politique traversée par des temporalités hétérogènes et ainsi développer une compréhension dynamique du positionnement et repositionnement des acteurs dans les différents espaces du politique.